Améliorer son estime de soi en se comparant intelligemment aux autres

Dans cet article je vous explique que se comparer aux autres peut avoir des effets psychologiques positifs et comment, par trois questions simples, trouver la meilleure stratégie pour les obtenir selon votre situation.

Se comparer aux autres n’est pas une stratégie à la mode. Selon la tendance actuelle en développement personnel, il vaudrait mieux suivre son propre chemin sans se préoccuper des échecs et réussites des autres. Ce commandement, en lui-même apparemment louable, a cependant deux grands défauts.

Le premier est que se comparer à autrui est un processus normal qui se manifeste de façon automatique quand nous ne disposons pas de toutes les données sur un problème. Quand on doute, on regarde ce que fait le voisin.

Le second est que dans certaines situations menaçantes ou douloureuses la comparaison à autrui (ou “comparaison sociale”) peut avoir de nombreux effets positifs.

Aussi, la considérer comme a priori mauvaise et possible à évincer est ne correspond donc pas du tout à la réalité scientifique. Par contre ce qui est vrai, c’est qu’elle peut aussi avoir des effets négatifs. Il est donc important de savoir comment l’utiliser.

Ainsi ai-je résumé pour vous les données scientifiques sur le sujet en trois questions. Ceci afin de vous permettre rapidement d’identifier la stratégie de comparaison la plus bénéfique selon votre situation :

Question 1 : Traversez-vous une difficulté ?

  • Si non : comparez-vous à moins bien loti que vous
  • Si oui : passez à la question 2

Question 2 : Vous pensez-vous capable de contrôler cette difficulté ?

  • Si oui : comparez-vous à quelqu’un ayant dépassé cette difficulté ou comparez-vous à quelqu’un ayant une difficulté plus grande
  • Si non : ne vous comparez surtout pas à mieux loti que vous et passez à la question 3

Question 3 : Avez-vous une bonne estime de vous-même ?

  • Si oui : testez différentes stratégies et voyez vous-même celle qui améliore votre bien-être
  • Si non : comparez-vous à vous-même si cela vous convient ; comparez-vous à quelqu’un de moins bon que vous mais sur une difficulté différente ; sinon ne vous comparez pas aux autres.

Les stratégies ci-dessus sont attestées par des études chez l’individu lambda, mais également en cas de cancer, de SIDA, d’arthrite rhumatoïde, de maladie dégénérative, de handicap, de discriminations, lors du vieillissement, pour améliorer le stress, les problèmes conjugaux, les troubles alimentaires, ou la gestion psychologique des évènements menaçants. Utiliser une stratégie de comparaison sociale adaptée améliore le bien-être, l’estime de soi, et la capacité à affronter la maladie ou la difficulté.

Le cas de la dépression

En ce qui concerne la dépression, la situation est celle des personnes traversant une difficulté perçue comme souvent incontrôlable et ayant souvent une mauvaise estime d’elles-mêmes. Seulement cela se double d’une difficulté : les dépressifs utilisent la comparaison sociale d’une manière qui les fait déprimer.Si c’est votre cas, vous avez sans doute tendance :

  • à vous comparer à des personnes mieux loties que vous,
  • et/ou à vous comparez à des personnes que vous considérez meilleures que vous sur des points importants pour vous
  • et/ou à vous comparer à vous-même à une époque où selon vous, vous étiez mieux loti
  • et/ou à vous comparer à vous-même à une époque où selon vous, vous étiez meilleur dans quelque chose que vous valorisez..

Comment contrer ce phénomène ?

1) repérez les moments où vous vous comparez ainsi dans votre discours ou votre monologue intérieur

2) Notez l’émotion que vous ressentez et mettez votre discours à l’épreuve et voyez s’il est vraiment pertinent. En particulier voyez si vous ne tirez pas des conclusions sans preuves, si vous ne sortez pas des éléments du contexte, si vous n’assimilez pas un fait à l’ensemble de votre personne ou si vous ne généralisez pas à partir d’un élément particulier.

Par exemple, si vous pensez que vous êtes nul parce que votre cousin Robert est meilleur que vous, examinez selon quels critères vous le pensez. Est-ce toujours vrai ? N’y a-t-il pas des situations ou c’est le contraire ? Est-ce que ce que vous pensez est réellement systématique ? Si Robert est meilleur que vous sur un point, est-ce que cela signifie vraiment que vous êtes nul dans l’ensemble des domaines de votre vie ? Cherchez les contre-exemples.

Une fois que c’est fait, reconsidérez les émotions que vous ressentez.

3) si cette technique est un peu dure à mettre en place pour vous, trouvez un domaine que vous valorisez et dans lequel lui, ou un autre, est moins bon que vous.

Robert gagne plus que vous et vous pensez que vous êtes nul ? Mais d’un autre côté, vous avez plus de diplômes que lui. Ou bien oubliez Robert et cherchez quelque chose d’important pour vous et que d’autres n’ont pas. Par exemple si vous êtes fier de vos enfants, comparez-les à ceux de la voisine, lesquels sont de vraies plaies.

 

Article de : Hervé Petit

Références bibliographiques :

Ahrens, A. H., & Alloy, L. B. (1997). Social comparison processes in depression. In B.Buunk & F. X. Gibbons (Eds.), Health, coping and well-being: Perspectives from social comparison theory (pp. 389–410). Mahwah, NJ: Erlbaum.

Bailis, D. S., Chipperfield, J. G., & Perry, R. P. (2005). Optimistic social comparisons of older adults low in primary control: A prospective analysis of hospitalization and mortality. Health Psychology, 24, 393–401.

Blackburn, I. M., & Cottraux, J. (2008). Psychothérapie cognitive de la dépression (3e éd.). Paris: Masson.

Gibbons, F. X. (1986). Social comparison and depression: Company’s effect on misery. Journal of Personality and Social Psychology, 51, 140–148.

Swallow, S. R., & Kuiper, N. A. (1993). Social comparison in dysphoria and nondysphoria: Differences in target similarity and specificity. Cognitive Therapy and Research,17, 103–122.

Boukhris Najla

Psychologue et consultante en webmarketing.

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