You are here
Accueil > Psychologie > Une Nouvelle Manière De Traiter Le Syndrome De Stress Post-Traumatique

Une Nouvelle Manière De Traiter Le Syndrome De Stress Post-Traumatique

Le syndrome ou trouble de stress post-traumatique (en anglais PTSD) est un concept pressenti depuis longtemps en psychiatrie, mais peu pris en considération excepté par les psychiatres militaires. Suite à leurs travaux, les psychiatres civils américains se sont intéressés à ce trouble et la première description apparaît en 1980 dans le DSM 3 (Diagnosis and Statistical Manual of Mental Disorder) et reprise depuis dans la DSM 4.

En quelques mots, ce syndrome apparaît chez une victime de violence physique et/ou psychologique, violence telle que l’intégrité de la personne est menacée. La victime peut être également témoin de scènes d’horreur. On notera par exemple le viol, les prises d’otages, les accidents graves, les attentats, les cataclysmes naturels. La victime est tétanisée, éprouve une peur intense accompagnée d’un sentiment d’impuissance.

Lorsque la personne revit constamment l’événement comme s’il se déroulait à l’instant présent, elle ressent le même désarroi que celui ressenti à l’époque. C’est pourquoi l’Amérique de Nord axe sur la prévention : de façon systématique, l’aide psychologique est proposée en urgence.

 

 

Comme cette souffrance peut apparaître des années après le drame, le sujet a développé des symptômes perturbant sa vie actuelle mais qui tentent de le protéger de l’horreur. C’est ainsi qu’il dépensera de l’énergie à essayer d’oublier, évitera tout ce qui lui rappelle la situation, sera en état d’hypervigilance.

Les traitements recouraient à la psychiatrie générale : psychanalyse, traitement de la dépression, etc. avec des résultats plus ou moins bons.

En 1980, l’Américaine Francine Shapiro travaille sur l’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) ou Mouvement des yeux, désensibilisation et retraitement de l’information. Les premières publications paraissent en 1987 ; ses travaux sont reconnus en France en 2004 par l’INSERM.

Le principe de base est simple : parler de l’événement ne suffit pas. L’EMDR crée un espace sécurisant pour le patient, ce qui permet de susciter le rappel de l’événement dans toutes ses représentations – émotions, sensations corporelles, etc. Pour passer du stade « drame maintenant » à celui de souvenir révolu, la stimulation oculaire telle qu’elle existe naturellement dans le sommeil agit sur certains centres nerveux que le traitement va solliciter.

De nombreuses études ont été menées et il reste encore beaucoup de mesures à effectuer. Toutefois, ces résultats ont influencé les politiques de la Santé à l’appliquer : en Amérique cette méthode est largement utilisée, et en France, elle est vivement recommandée par la Haute Autorité de la Santé.

On peut déjà affirmer que le taux de guérison d’un traumatisme psychique simple est de l’ordre de 80% ! On a également relevé son efficacité dans le cas d’autres troubles comme les phobies.

A l’heure actuelle, on ne sait pas exactement comment cette méthode agit sur le cerveau : quels neurones sont sollicités, selon quel neurotransmetteur, etc. Mais on en note l’efficacité. Des études restent à faire …

Est-il vraiment nécessaire de savoir comment agit la méthode ? N’est-il pas plus important de savoir que l’on a la possibilité d’être soulagé sinon guéri ?

Boukhris Najla
Psychologue et consultante en webmarketing.

Laisser un commentaire

Top