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Stérilité chez les obèses: un effet supplémentaire du surpoids

ruban à mesurer, mesure, ventre
Les obèses souffrent souvent d’insuffisance cardiaque, de diabète, d’apnée, d’arthrose sans compter du regard des autres. Voilà qu’ils risquent la stérilité

 

Décidément, l’obésité a des conséquences imprévisibles. Outre les effets classiques et reconnus pour la santé (risques cardiaques, de diabète de type 2, d’apnées du sommeil), voilà qu’une étude française, présentée lundi 4 juillet à Stockholm au congrès sur la reproduction, «l’European Society of Human Reproduction» (ESHRE), démontre qu’une personne très grosse aura moins de chances d’être fertile qu’un homme de poids normal, car sa semence est moins riche en spermatozoïdes.

Plus on est gros, plus on risque l’infertilité

  • 1940 personnes.

L’étude a été conduite auprès de 1940 Français de 18 à 24 ans, à la fin de l’année 2010, par l’équipe du Dr Paul Cohen-Bacrie, le directeur scientifique du laboratoire de biologie médicale d’Eylau-Unilabs, à Paris. C’est «la plus vaste étude jamais menée» sur ce thème affirment les représentants d’Unilabs, qui regroupe en Suisse un conglomérat de laboratoires de 12 pays européens.

  • Un lien mis en évidence.

Rappelons que si l’Indice de masse corporelle (l’IMC, qui correspond au poids divisé par le carré de la taille) est supérieur à 30, on est obèse, s’il est situé entre 25,5 et 30, on est en surpoids, s’il est entre 18 et 25, on est d’un poids normal et s’il est inférieur à 18, on est carrément maigre. Or, l’étude a montré qu’il y avait une corélaltion évidente entre le surpoids et le risque d’infertilité: plus le surpoids est important, plus la qualité du sperme baisse.

  • Une baisse de la concentration.
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La concentration en spermatozoïdes diminue de 10% pour les patients en surpoids par rapport aux personnes qui ont un poids normal et elle s’effondre de 20% chez les obèses, pour lesquels la mobilité des spermatozoïdes est également en baisse de 10%.

  • 3,8% de stériles

Le compte total de spermatozoïdes, de 184 à 194 millions par ml chez les gens de poids normal, descend entre 164 et 186 millions chez les hommes en surpoids, et entre 135 et 157 millions chez les personnes obèses. La proportion des personnes totalement stériles, c’est-à-dire sans spermatozoïdes (azoospermie) passe à 3,8% chez les obèses contre 1% seulement chez les gens de poids normal.

  • «Les désordres hormonaux».

«Le surpoids entraîne une modification des paramètres du sperme, du fait probablement de désordres hormonaux, avec des déficits en nombre, en mobilité et en vitalité, ce qui entraîne des pertes de possibilité de conception », a expliqué le Dr Cohen-Bacrie à l’Agence France-Presse.

  • Chez la femme aussi.

Le risque d’infertilité s’accroît chez la femme obèse (comme chez la femme trop maigre) et les troubles de l’ovulation sont plus fréquents, mais jusqu’à l’étude du Dr Cohen-Bacrie, on s’était peu intéressé aux hommes gros. Or, «quand un couple cherche à concevoir, a encore précisé le scientifique, il faut aussi s’intéresser au poids de l’homme».

  • En maigrissant, la fertilité revient.

L’étude laisse un espoir aux personnes grosses désireuses de faire des enfants: 300 patients sur les 1940 ont retrouvé leur fertilité après avoir maigri. «Si l’on peut éviter de recourir à la science médicale de la procréation en faisant un régime, c’est bien» a conclu l’expert à l’AFP.

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  • Les maigres aussi.

A noter enfin qu’a contrario, une personne très maigre présentera quasiment les mêmes risques d’être stérile qu’une personne obèse.

Les autres conséquences de l’obésité sur la santé

Le site medecineetsante.com passe en revue les effets de l’obésité sur la santé. En voici un résumé.

  • Le regard des autres.

Une personne obèse doit supporter le regard des autres et les conséquences psychologiques qui en découlent (dégradation de l’image de soi, risques de dépression).

  • L’hypertension artérielle.

Un obèse de 25 é 35 ans a six fois plus de chances de connaître de l’hypertension artérielle et notamment ses conséquences vasculaires sur le cerveau, le coeur et les reins.

  • -Le diabète de type 2.

On appelle le «diabète gras» celui qui touche les personnes obèses. On constate alors une hausse permanente du taux de sucre dans le sang associée à une hausse parallèle de l’insuline (de plus en plus inefficace) qui, elle-même augmente l’appétit.L’obésité augmentant dans le monde, le diabète devient d’ailleurs une véritable épidémie.

  • L’hypoventilation alvéolaire

L’insuffisance respiratoire d’origine mécanique se développe chez les gros, et peut atteindre le syndrome de pickwick, avec notamment la somnolence diurne.

  • L’apnée du sommeil.

Le syndrome de l’apnée du sommeil (arrêts respiratoires), souvent accompagné de ronflements, est plus fréquent chez les personnes obèses.

  • L’insuffisance veineuse.

Elle se manifeste chez les gros par un phénomène de jambes lourdes, des varices et des ulcères. À l’origine, une mauvaise qualité des tissus entraînée par une absence d’activités physiques.

  • La dyslipidémie.
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L’augmentation de certaines graisses dans le sang accroît les risques cardio-vasculaires.

  • L’insuffisance cardiaque.

Le cœur d’un obèse travaille davantage que celui d’une personne de poids normal. Dès lors, les risques d’insuffisance coronarienne sont plus importants.

  • L’arthrose.

Les articulations de la moitié inférieure du corps travaillent beaucoup en raison du surpoids. On constate assez jeune des tendinites ou des arthroses invalidantes sur les dernières vertèbres, les hanches, les genoux et les pieds.

L’obésité se développe en France et dans le monde

  • Une étude sur 30 ans.

Publiée dans The Lancet en février 2011, une étude épidémiogique a collecté les données de 9,1 millions de personnes adultes de 199 pays durant les 30 dernières années. Il en ressort que le taux de personnes obèses dans le monde a doublé. «En 1980, moins de 5% des hommes et 8% des femmes présentent un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 30, le critère communément retenu comme seuil de l’obésité. En 2008, ces taux sont respectivement passés à 9,8 et 13,8%», écrit le figaro.fr.

  • Aux États-Unis et au Canada.

Une personne sur trois est touchée par l’obésité aux États-Unis et au Canada (29,2% des hommes et 30% des femmes). Mais c’est en Amérique latine, au Proche-Orient et en Afrique du Nord que sont atteints les records en matière de surpoids: entre 30 et 37% des femmes).

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