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Quel est le lien entre l’épilepsie et la dépression ?

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Une série d’études scientifiques, la plupart menées au cours des dernières décennies, suggèrent qu’il existe un lien étroit entre l’épilepsie et la dépression. La majeure partie des preuves de ce lien concerne la corrélation empirique entre les deux maladies. Les personnes atteintes de dépression sont beaucoup plus susceptibles de développer l’épilepsie, et les personnes atteintes d’épilepsie sont beaucoup plus susceptibles de devenir dépressives.

La preuve d’une corrélation entre ces maladies est assez concluante. Une étude publiée en 2004 dans Neurology a révélé que le taux de dépression chez les épileptiques semble être environ trois fois plus élevé que celui des personnes atteintes d’autres maladies chroniques. Il a également été constaté que la dépression n’est souvent pas traitée chez les épileptiques, en partie parce qu’elle est présente différemment que dans les cas typiques. Par exemple, il semble que les épileptiques déprimés éprouvent souvent de l’irritabilité et de l’anxiété. Le taux de suicide chez les personnes atteintes d’épilepsie est, selon certaines estimations, dix fois plus élevé que celui de la population normale.

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L’existence d’un lien biologique entre l’épilepsie et la dépression est théorisée mais mal compris. Certains scientifiques ont suggéré largement que les déficiences dans les neurotransmetteurs dopamine, sérotonine, norépinéphrine et GABA peuvent être responsables de ces deux maladies. Des connexions génétiques ont également été supposées. Cependant, il existe peu de preuves expérimentales pour appuyer ou décrire plus précisément un lien de ce genre.

La conscience du lien entre l’épilepsie et la dépression a progressé lentement. Les dernières observations révèlent que la dépression chez les épileptiques a été ignorée pendant longtemps. Ils suggèrent que cette omission était due à la croyance que les symptômes de la dépression étaient une réponse « logique », prévisible et non pathologique à la souffrance associée à l’épilepsie. Les tentatives pour contrecarrer cette croyance incluent une étude en 2003 publiée dans Epilepsy Currents constatant que le lien entre l’épilepsie et la dépression ne s’intensifie pas avec des crises de plus en plus graves ou fréquentes.

L’existence de la dépression chez les personnes atteintes d’épilepsie a des implications sur le traitement et la qualité de vie. Plusieurs études ont suggéré que, dans le cas de l’épilepsie réfractaire, celle qui ne peut être complètement contrôlée, la réduction de la dépression devrait être un objectif plus important que la réduction de la fréquence des crises. Autrement dit, si un certain nombre de crises sont inévitables, la qualité de vie s’améliore davantage lorsque les soignants se concentrent sur le traitement de la dépression. L’utilisation d’antidépresseurs chez les personnes atteintes d’épilepsie n’est pas bien étudiée. Certains scientifiques pensent que les antidépresseurs, et en particulier les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), augmentent la probabilité de convulsions, mais cette affirmation est controversée.

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Boukhris Najla
Psychologue et consultante en webmarketing.

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