Psychologie

L’ocytocine : amour, empathie et amélioration des liens sociaux

D’après les chercheurs, le lien entre la mère et l’enfant, la socialisation, la moralité, et même la fidélité, auraient comme source l’hormone ocytocine.

L’ocytocine (ou oxytocine) est reconnue pour ses capacités à jouer de nombreux rôles dans le corps humain ; elle est, entre autres, l’hormone de l’amour. L’ocytocine facilite l’accouchement et stimule la lactation. Pour autant, plus les scientifiques se penchent sur cette hormone, plus ils sont surpris.

L’ocytocine serait liée à l’attachement entre la mère et l’enfant

Le rapport entre l’ocytocine et la grossesse interpelle la science. C’est une des raisons qui a conduit une professeure adjoint de psychiatrie du Mont Sinai Medical Center de New York à mener une recherche afin d’étudier la relation entre l’hormone et l’attachement entre la mère et l’enfant. Cette dernière explique qu’une des principales voies de recherche sur l’ocytocine consiste à déterminer l’influence qu’exerce l’hormone dans le développement de sentiments maternels.

D’ores et déjà, il était démontré que l’ocytocine permet aux gens de se souvenir des visages aimés, ils peuvent ainsi les différencier de ceux qu’ils n’aiment pas. On peut donc admettre que l’hormone facilite la mémoire sociale et a un rôle déterminant dans les préférences que nous avons vis-à-vis de certaines personnes.

Cette recherche pourrait bien conclure que l’amour maternel et la dévotion d’une mère pour son enfant n’auraient comme origine qu’une réaction chimique.

L’ocytocine améliore le fonctionnement de l’amygdale (cerveau)

Selon une recherche publiée le 7 avril 2010 dans le Journal of neuroscience, l’ocytocine a un effet positif sur le fonctionnement anormal de l’amygdale. Cette petite structure du cerveau limbique, si chère à Daniel Goleman, docteur en psychologie et auteur du best-seller L’intelligence émotionnelle, a la faculté de réguler les émotions.

L’amygdale régit les émotions, si elle est ultra-sensible, elle nous rendra hyperémotifs. Tout dysfonctionnement de l’amygdale aura des conséquences sur notre capacité à réagir émotionnellement à une situation. Elle a des répercussions sur la fureur, la peur, l’affection, la joie, etc. Elle peut ainsi être à l’origine d’une absence totale de réactions émotives, comme être a contrario l’origine de comportements exacerbés totalement incohérents.

Daniel Goleman l’illustre par un exemple dans son ouvrage relatant l’histoire d’un criminel, exempt de toute émotion. C’est ainsi qu’une ablation de l’amygdale peut priver l’humain de toutes ses émotions, de ses souvenirs affectifs. Il s’ensuivra un désintérêt des relations avec autrui, et de la vie en général, devenue fade, morne, sans joie ni peine. On comprend alors mieux comment la stimulation de l’amygdale peut avoir un effet sur les compétences sociales ou l’intelligence sociale.

Un spray nasal à l’ocytocine rend les hommes plus empathiques

D’après la recherche anglo-germanique citée ci-dessus, l’injection intranasale d’ocytocine renforcerait les compétences sociales et l’empathie émotionnelle chez les hommes. Si les premiers résultats s’avèrent encourageants dans les cas d’« ocytocine-dépendant » en permettant un renforcement des facultés sociales et de développer une empathie émotionnelle, tout n’est pas aussi simple.

D’autres recherches seront nécessaires pour comprendre l’influence de l’ocytocine sur l’amygdale. Reste à comprendre pourquoi l’hormone améliore l’empathie émotionnelle, et non l’empathie cognitive.

L’ocytocine pour traiter les troubles sociaux

Le Centre de neuroscience cognitive de Lyon, ayant constaté une déficience du taux d’ocytocine dans le sang des autistes, a émis l’hypothèse qu’il pourrait y avoir ici un lien entre cette hormone et leurs problèmes sociaux.

L’étude, dirigée par Angela Sirigu, « montre que l’administration intranasale d’ocytocine (…) améliore significativement les capacités des patients autistes à interagir avec les autres personnes ».

Ces recherches sont donc très encourageantes pour toutes les pathologies présentant des dysfonctionnements sociaux, telles que la schizophrénie et l’autisme.

Sources :

– « Oxytocin enhances amygdala-dependent, socially reinforced learning and emotional empathy in humans », de René Hurlemann, Alexandra Patin, Oezguer A. Onur, Michael X. Cohen, Tobias Baumgartner, Sarah Metzler, Isabel Dziobek, Juergen Gallinat, Michael Wagner, Wolfgang Maier et Keith M. Kendrick, in The Journal of Neuroscience, 7 avril 2010.

– « Autisme : l’administration d’ocytocine améliore le comportement social des patients », CNRS, 15 février 2010.

Comment here