Remèdes naturels

Effet placebo, le formidable pouvoir de l’auto-guérison

Effet placebo, le formidable pouvoir de l’auto-guérison
Effet placebo, le formidable pouvoir de l’auto-guérison
Effet placebo, le formidable pouvoir de l’auto-guérison

 

Avec l’effet placebo, le pouvoir du mental sur le corps est prouvé depuis longtemps. On l’utilise aujourd’hui de plus en plus, combiné ou non avec les autres méthodes thérapeutiques. C’est que nous possédons tous au fond de nous un guérisseur qui s’ignore. Et face à la multiplication des molécules chimiques, il serait temps de privilégier la solution intérieure.

Savez-vous que la plupart des « médicaments » vendus en libre service dans les pharmacies ne contiennent pas de principe actif ? Et que certains patients reviennent du bloc opératoire guéris, sans avoir même été opérés ? L’effet placebo n’est pas un leurre, il existe vraiment. Il apporte un résultat bénéfique à un malade qui croit recevoir un vrai traitement, alors qu’il ne reçoit en fait qu’un faux médicament (le placebo).

Comment définir l’effet placebo ?

Historiquement, la première mention d’un remède dépourvu de tout principe actif remonte à 1500 ans avant J.C. Le papyrus d’Ebers dresse la liste de 800 traitements courants dans l’Egypte antique, dont 100 ne sont en fait que des placebos. Le terme lui-même provient du verbe latin « placere » (plaire) et signifie « je plairai ». Mais ce n’est qu’en 1628 que la première définition de l’effet placebo est rédigée, pour décrire les bienfaits dus à la confiance du malade envers son soignant. Au XIXème siècle, le placebo prend son sens actuel : « médication prescrite plus pour plaire au malade que pour lui être utile » (Hooper’s Medical Dictionary, 1811). Mais ce n’est qu’avec les travaux du docteur Armand Trousseau que la médecine va commencer à utiliser l’effet placebo dans un but thérapeutique.

Aujourd’hui, on fait très attention à différencier le placebo et l’effet placebo. Le placebo est la préparation pharmaceutique dépourvue de tout principe actif que l’on donne au patient. En fait, il ne s’agit pas seulement de médicament mais de tout type d’intervention thérapeutique (on prescrit même de fausses opérations chirurgicales). Le malade ignore évidemment que le traitement est inactif. L’effet placebo désigne lui l’effet psychologique ou psychophysiologique produit par le médicament, qui provoque une amélioration de l’état du patient. Et s’il est important de différencier les deux, c’est parce que les vrais médicaments, contenant un principe actif, produisent aussi un effet placebo. Habituellement, 30 % de l’efficacité d’un médicament est attribué à l’effet placebo, mais ce chiffre peut monter jusqu’à 70 % pour certaines pathologies (migraines, dépressions…).

Comment fonctionne l’effet placebo ?

L’effet placebo illustre de façon magistrale l’influence du mental sur l’organisme. Malgré des années de recherche, on n’en connaît toujours pas l’origine précise. On sait que de nombreux facteurs vont influer sur la qualité de l’effet, comme le mode d’administration (voie orale, injection…), le prix du produit, la pathologie du patient, etc. Mais on ne sait toujours pas ce qui déclenche l’effet placebo. Cependant, une équipe de neurologues américains a pu prouver que la prise d’un placebo active une région particulière du cerveau (le noyau accumbens) qui déclenche la sécrétion de dopamine. Ce neurotransmetteur (qui véhicule des informations entre neurones) est responsable de sensations de plaisir et agit habituellement pour « récompenser » l’exécution de fonctions vitales. Ainsi, sans que l’on sache pourquoi, la prise d’un placebo va mettre en route des mécanismes neurologiques sources de plaisir, qui vont au final améliorer l’état du patient. On comprend mieux pourquoi l’effet placebo est si efficace pour lutter contre les pathologies douloureuses, le plaisir étant une très bonne façon d’anesthésier la douleur. Mais cela n’explique en rien comment l’effet placebo peut guérir d’autres types de maladie.

En tout cas, une chose est sûre : l’effet placebo repose sur la conviction du malade qu’il reçoit un traitement actif, ou qu’il va bien être opéré, dans le cas d’une opération placebo. C’est donc bien que la représentation mentale que nous nous faisons du médicament a un rôle à jouer, en dehors de la réalité du médicament. Mais plus étonnant encore, l’idée qu’en a le soignant influe aussi sur la qualité de l’effet placebo ! Ainsi, si votre docteur sait qu’il vous donne un placebo, son effet sera moindre que s’il est convaincu de vous donner un principe actif. C’est pourquoi, aujourd’hui, pour connaître l’efficacité réelle d’un médicament comparé à un placebo, on le teste selon le principe du double aveugle : ni les patients, ni les soignants ne savent qui reçoit le principe actif et qui reçoit le placebo. Autant dire que l’on a encore beaucoup de choses à comprendre sur les mécanismes de guérison et sur le pouvoir du mental.

Le saviez-vous ?

Si le mental est capable de guérir, il peut aussi engendrer à l’inverse de nombreux désagréments. Il existe donc, à l’opposé de l’effet placebo, un effet nocebo (du latin « je nuirai »). On connaît les nombreux effets indésirables liés à la prise d’un médicament, dont certains sont dus à l’effet nocebo. Mais on peut citer aussi l’apparition de maux de tête chez des riverains d’une nouvelle antenne-relais de téléphone mobile, alors même que celle-ci n’était pas encore en service. Le pouvoir du mental n’a pas que des bons côtés…

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