Psychologie

Comment évolue le dessin chez l’enfant ?

Comment évolue le dessin chez l'enfant ?
Comment évolue le dessin chez l'enfant ?
Comment évolue le dessin chez l’enfant ?

Des études sérieuses ont été menées sur la créativité artistique des jeunes enfants démontrant un lien significatif avec l’évolution psychomotrice de l’enfant.

En essayant d’établir une histoire de l’art enfantin, on s’aperçoit que, depuis la préhistoire jusqu’à la Renaissance, aucun intérêt pour les dessins d’enfants n’a pu être démontré. On ignore d’ailleurs si les enfants à l’époque avaient l’habitude de s’adonner à ce loisir. Il faudra attendre la deuxième partie du XVIIIe siècle pour que naisse un intérêt scientifique et philosophique, avec Rousseau notamment, pour les dessins enfantins.

Dans les années 1960, des parents, des éducateurs, des philosophes et des observateurs intéressés par le sujet, ont recueilli des centaines de dessins enfantins au cours des dernières années. On doit à Rhoda Kellogg, institutrice américaine, la plus importante collection de dessins d’enfants et bon nombre d’ouvrages sur le sujet. Si l’on observe les dessins d’un enfant, on se rend compte qu’ils évoluent à mesure que l’enfant grandit.

Le petit enfant et la découverte du dessin abstrait

À l’âge de 6 mois, l’enfant qui se contemple dans un miroir n’a aucune conscience qu’il s’agit de son propre reflet. Il en est de même pour les objets ou les personnes qui ne sont pas envisagés comme des entités distinctes. À partir de 18 mois, l’enfant a conscience de lui-même, et l’objet n’est plus uniquement voué à être saisi pour être mâchouillé ou jeté à terre, mais un feutre, par exemple, a désormais une véritable vocation pour l’enfant. Il sait qu’en le saisissant et en l’utilisant, il peut réaliser quelque chose. Il s’attend à ce qu’un feutre trace une marque sur sa feuille blanche.

Au départ, c’est la découverte des traits qu’il laissera sur une feuille de papier qui intéresse l’enfant. Il vit une expérience dictée par aucun but précis. On remarque que l’enfant utilise son coude en guise de pivot, ce qui donne pour résultat des traits, des coups de crayons et des points sans aucun contrôle des formes ainsi rendues. Il n’y a pas encore de recherche d’une harmonie dans les formes et les couleurs, ni de désir de reproduire un objet donné. Mais l’enfant a compris que, grâce aux mouvements de ses mains, il peut créer quelque chose.

Des gribouillis aux bonhommes-têtards

Le gribouillage est le début d’une évolution qui mènera au dessin figuratif. On remarque que cette étape est liée à l’évolution psychomotrice de l’enfant. En effet, vers l’âge de 2 ans l’enfant qui a acquis la marche est en phase d’acquisition de la parole. Le babillage jusqu’alors très peu semblable à la langue des adultes se rapproche peu à peu du langage parlé. Les gribouillages du début, quant à eux, cèdent la place à des formes géométriques. Et c’est là qu’apparaît le fameux mandala, qui signifie « le cercle » en sanscrit.

On observe alors que l’enfant dessine soit un cercle d’où sortent les membres, soit deux cercles : un pour la tête et l’autre pour le corps, d’où, là encore, sortent les membres. Ce sont les fameux bonhommes-têtards. Durant cette phase d’apprentissage, l’enfant souhaite reproduire et parvenir à un résultat, et non plus seulement frotter le feutre sur sa feuille de papier. Il s’exerce volontairement, et avec plaisir, et expérimente ainsi des formes géométriques. Son but est de représenter un objet, même si son dessin n’a encore rien à voir avec ce qu’il voulait dessiner. On note également une répétition dans les formes géométriques (papa, maman, maison, arbre, soleil, chien…).

La phase du réalisme visuel

L’enfant met une importante concentration d’énergie dans sa créativité. Le réalisme visuel ou intellectuel arrive vers l’âge de 8 ans. On observe alors que l’enfant se concentre à respecter les proportions, qu’il a le souci du détail. De même, on note une certaine conformité avec les dessins de l’adulte. L’objet est figuré de manière à pouvoir être reconnu. Certains experts voient en cela la combinaison d’un sens esthétique et d’une intention réaliste, d’autres attribuent cela à l’évolution psychomotrice du duo « œil-main ».

L’art enfantin suit son cours caractéristique ou s’en éloigne. Tout dépend des moyens mis à sa disposition. L’enfant qui n’a pas accès aux stimulations d’un programme artistique est systématiquement coupé de la plupart des moyens grâce auxquels il peut percevoir le monde. Enfin, le dessin ne doit pas être considéré séparément du développement des autres aptitudes de l’enfant.

Source : Howard Gardner, Gribouillages et dessins d’enfants, leur interprétation, éditions Mardaga, 1999.

 

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