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Technologie VS jeux de société : qu’est ce qui serait le mieux pour nos enfants ?

Sept heures et demie par jour, sept jours sur sept, c’est la moyenne d’heures passée par les jeunes américains à utiliser les outils informatiques. L’étude effectuée en 2010 par la Kaiser Family Foundation déclare que les enfants âgés entre huit et dix-huit ans passent plus de temps à utiliser les outils informatiques que toute autre activité (Kaiser Family Foundation, 2010).

Essayez d’imaginer un diner de famille où chaque membre est absorbé par ce qui se passe sur l’écran de télévision, sur son téléphone ou sur sa tablette. Est-ce que cette image vous est familière?

La technologie fait partie intégrante de notre quotidien et influence, par conséquent, les relations interpersonnelles que nous entretenons. Dans un article de Sorensen (2015) relatant les effets de la technologie sur la communication de la famille, McQuillen suggère que l’avènement d’internet a permis de faciliter les interactions entre les différentes parties du globe mais a mis de la distance dans les relations interpersonnelles en face à face. Ce dernier pense que plus les enfants sont livrés à eux même ou au monde d’internet, moins ils auront de chance de développer des relations familiales d’interdépendance.

Technologie VS jeux de société qu’est ce qui serait le mieux pour nos enfants

L’étude de “Kaiser Family Foundation” relate que l’utilisation excessive des outils technologiques peut être corrélée à de faibles résultats scolaires. Cependant, cette étude ne peut pas déterminer s’il existe une relation de cause à effet entre cette utilisation et les résultats scolaires, mais aussi dans quelle direction cette relation causale est-elle orientée puisqu’elle peut s’effectuer dans les deux sens de manière simultanée. Il y a bien évidement besoin de plus de recherches sur le sujet. (Kaiser Family Foundation, 2010).

En effet, dans son article à propos du développement cérébral dans un monde hyper-tech, Patoine (2008) cite Friedlander qui parle d’une absence d’investigations et de données proprement scientifiques à propos de l’effet de l’utilisation des technologies modernes. Ce dernier rajoute qu’il reste intéressant à ce niveau de se référer aux travaux scientifiques effectués dans des environnements contrôlés et d’essayer d’en extrapoler les résultats au monde réel des enfants interagissant avec ces technologies (Patoine, 2008).
Les effets négatifs d’une grande utilisation des outils technologiques sont, cependant, pointés du doigt par les neuroscientifiques. Les jeunes enfants n’ont pas encore acquis les capacités cognitives leur permettant de raisonner judicieusement et de décider quand est ce que leur utilisation est appropriée ou nécessaires et quand est ce qu’il y a excès. Ce raisonnement, lorsqu’il est acquis, permet d’utiliser la technologie en évitant d’affecter négativement le développement cérébral.

Les outils informatiques offrent d’innombrables opportunités d’effectuer des tâches multiples de manière simultanée. Ceci implique une transition rapide d’une activité à une autre. Patoine (2008) rapporte que chaque transition a pour effet d’au moins doubler le temps requis par la tâche effectuée. Ces transitions ont aussi pour effet de diminuer le taux de performance et la capacité de se rappeler de la tâche effectuée. Les études ont montré que le « multitasking », c’est-à-dire les tâches multiples et simultanées, affecte la qualité de l’apprentissage.
Il est possible pour un enfant de réussir son multitasking et de faire ses devoirs tout en écoutant de la musique, en discutant sur les réseaux sociaux et autres. Cependant, selon Patoine (2008), la qualité du travail ou de la communication ne pourrait pas être la même que si l’enfant lui avait accordé toute son attention. Il y a un risque que cela prenne plus de temps et pas assez de profondeur.

Le développement social peut aussi se trouver influencé par le monde digital. La cognition sociale est un outil essentiel qui regroupe l’habilité de former des impressions, de faire des inférences sur les intentions d’autrui, d’évaluer les réactions émotionnelles et d’y ajuster son comportement. (Patoine, 2008). Cette compétence requiert une pratique directe et en personne. Elle est essentielle au développement des compétences sociales et des interactions adaptées.
La technologie joue donc un rôle majeur dans notre vie quotidienne et les relations interpersonnelles pourraient être affectées par nos moyens de vie moderne.

Que ce soit en étant absorbé par une conversation sur un réseau social ou en répondant à des emails pour le travail en regardant la télé ou pendant une fête d’anniversaire, notre attention n’est plus centrée sur l’activité qui réunit la famille. J’oriente donc votre attention vers cette question : Y a-t-il besoin, aujourd’hui plus que jamais, des jeux de société ? Et pourquoi ?

Les avantages des jeux de société sont multiples. Ils permettent de réunir la famille et de passer un bon moment. Cependant, les avantages des jeux de société ne s’arrêtent pas là et vont de l’amusement au développement des capacités cognitives et sociales.
Jouer aux jeux de société permet de renforcer ses compétences sociales et d’apprendre à s’entendre avec les autres (Kamii & DeVries, 1980; Zan & Hildebrandt, 2005). Ces jeux offrent l’opportunité de développer l’esprit sportif surtout quand les enfants jouent avec un modèle positif plus âgé (Gobet et al, 2004), d’apprendre à gagner et à perdre avec grâce ainsi qu’à respecter les règles et à raisonner autour de problèmes moraux. En effet, les jeux de société encouragent des changements comportementaux et le développement de compétences sociales qui peuvent être utilisés dans la vie quotidienne des enfants tels que la négociation, le partage et le travail de groupe.

Ces jeux sont aussi bénéfiques pour les compétences motrices puisqu’ils stimulent la coordination visuo mortice et les capacités de motricité fine à travers le roulement de dés et la manipulation du matériel du jeu.

Un enfant qui joue à un jeu de société se doit d’être attentif au mouvement de toutes les autres personnes qui jouent avec et contre lui, il se doit de raisonner sur le meilleur moyen de gagner et de développer de nouvelles stratégies de le faire. Les études suggèrent que certains jeux récompensent le raisonnement logique et peuvent être utilisés pour enseigner la logique déductive (Neller et al., 2006) alors que d’autres peuvent développer les capacités mnésique ou la sensibilité aux nombres.

Une étude de Sholtz et al (citée par Dewar, 2012) a trouvé que des enfants avec des difficultés d’apprentissages sont plus enclins à montrer une amélioration de leurs capacités mathématiques telles que le dénombrement et l’addition s’ils reçoivent 4 heures de mathématiques et 1 heure d’apprentissage du jeu d’échec au lieu de 5 heures complètes de mathématiques.

Une autre étude montre que jouer aux jeux de société numériques aide à développer les compétences mathématiques. Les jeux de société numériques sont ceux où le joueur doit déplacer les pièces sur des espaces régis par des séquences numériques spécifiques. L’étude rapporte que des enfants d’âge préscolaire auxquels on a assigné ces jeux, montrent une amélioration dans plusieurs tâches mathématiques présentés avant et après l’intervention (Dewar, 2008).

En développant les capacités de résolution de problème, d’analyse et de raisonnement critique, les jeux de société influencent positivement la performance aux tâches académiques.

Il est fortement recommandé d’encourager les enfants à communiquer leurs tactiques et leurs stratégies de raisonnement. En effet, les recherches montrent que les enfants apprennent mieux et plus lorsqu’ils essayent d’expliquer leur processus de raisonnement (Dewar, 2015).
Il serait donc primordial, pour le développement cognitif et social de l’enfant, de limiter le temps d’utilisation des outils technologiques et de ressortir les bons vieux jeux de société.

Références :

Ankowsky, A & Ankowsky, A. (2015). Bringing Back Family Game Night. En ligne sur le site pbsparents: http://www.pbs.org/parents/expert-tips-advice/2015/07/bringing-back-family-game-night/
Dewar, G. (2008). In search of the smart preschool board game: What studies reveal about the link between games and math skills. En ligne: http://www.parentingscience.com/preschool-board-game-math.html#sthash.THIgqmpX.dpuf
Dewar, G. (2012). Board games for kids. En ligne http://www.parentingscience.com/board-games-for-kids.html#sthash.SQftY9Hn.dpuf
Dewar, G. (2015). Turning the tables to help kids learn math and science: Why children benefit when we ask them to explain. En ligne: http://www.parentingscience.com/kids-learn-math-and-science.html
Kaiser Family Foundation. (2010). Generation M2 Media in the Lives of 8- to 18-Year-Olds. Californie: Henry J Kaiser family foundation.
Kamii, C. & DeVries, R. (1980). Group games in early education: Implications of Piaget’s theory. Washington, DC: National Association for the Education of Young Children.
Gobet, F., De Voogt, A. & Retschitzki, J. (2004). Moves in mind: The psychology of board games. New York: Psychology Press.
Neller, T., Markov, Z. & Russell, I. (2006). Clue Deduction: Professor Plum Teaches Logic. In Proceedings of the 19th International FLAIRS Conference (FLAIRS-2006). (pp. 214-219). Florida, May 11-13. En ligne: https://www.aaai.org/Papers/FLAIRS/2006/Flairs06-041.pdf
Patoine, B. (2008). Brain development in a hyper-tech world. En ligne sur le site de The Dana Foundation. http://dana.org/News/Details.aspx?id=43469
Sorensen, B. (2015). How does technology affect family communication ? En ligne : http://www.livestrong.com/article/243280-how-does-technology-affect-family-communication/
Zan, B. & Hildebrandt, C. (2005). Cooperative and competitive games in constructivist classrooms. The Constructivist, 16(1), 1-13.

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